A photograph taken on January 16, 2020 shows, the frontage of Le Mans’ town hall, northwestern France. (Photo by JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP) © Les echos

Dimanche 28 juin dernier se tenait le second tour des élections municipales, processus électoral inédit marqué par la pandémie de la Covid 19. D’abord repoussé, puis potentiellement annulé, le second tour des élections s’est finalement tenu dans les 4820 communes où le premier tour n’avait pas été conclusif. Désormais, l’ensemble des nouveaux exécutifs municipaux vont pouvoir prendre leurs fonctions au sein des territoires.

Dans un article précédent, nous revenions sur les résultats du premier tour ainsi que les grands enjeux urbanistiques autour desquels gravitaient les différentes forces politiques. Pouvaient ainsi être évoqués l’opposition souvent mise en avant entre densification et préservation de la qualité de vie, l’épineuse question du logement, la place prépondérante accordée aux différents modes de mobilités, ou encore le paradigme sans cesse renforcé de l’environnement et des circuits courts. Autant de sujets auxquels devront s’atteler les nouvelles équipes municipales durant leur mandat.

En matière de paysage politique, au-delà d’une abstention record estimée à 59%, ce second tour s’est soldé par plusieurs faits saillants sur lesquels nous nous proposons de revenir ici brièvement :

  • Une percée des écologistes confirmée : en ayant conquis des métropoles historiquement gouvernées par les partis traditionnels (Parti Socialiste, Les Républicains), le plus souvent à la tête de liste d’union de la gauche, comme à Lyon (Grégory Doucet 52,4%), Bordeaux (Pierre Hurmic 46,5%) Strasbourg (Jeanne Barseghian41,7%) ou Marseille (le candidat écologiste ayant rallié la liste d’union de la gauche de Michèle Rubirola, avec 39,9%), le parti écologiste confirme sa nouvelle place de choix dans le paysage politique local.
  • Résistance des partis traditionnels: malgré plusieurs pertes symboliques, le Parti socialiste et Les Républicains sont parvenus à se maintenir dans plusieurs autres Métropoles, telles que Nantes (Johanna Rolland 59,6%), Toulouse (Jean-Philippe Moudenc 51,9%), Nice (Christian Estrosi 59,3%), Lille (Martine Aubry 40%), Rennes (Nathalie Appéré 65,3%) ou Montpellier (Michaël Delafosse 47,2%). Les maires sortants d’autres villes moyennes ont également su garder leur siège, comme à Clermont-Ferrand pour la gauche (Olivier Bianchi 48,4%) ou à Saint-Etienne pour la droite (Gaël Perdriau 58,9%), pour ne citer que quelques exemples.
  • La République en Marche en difficulté: au-delà de la victoire d’Edouard Philippe au Havre (58,8%), le parti présidentiel n’a pas été en mesure de gagner de villes de plus de 100 000 habitants et les alliances de l’entre-deux tours avec les Républicains n’ont pas abouti dans la majorité des grandes villes, questionnant l’ancrage local de La République en Marche.

Au sein des territoires marqués par une forte pression foncière, où les enjeux de construction de logement sont particulièrement prégnants et les conflits de mobilités nombreux, quels seront les choix effectués localement ? Les projets de construction d’ampleur connaitront-ils un temps d’arrêt, ou au contraire un nouveau souffle, face aux nouveaux équilibres au sein des exécutifs ? Les candidats récemment ralliés aux modes actifs prôneront-ils de réelles démarches volontaristes en la matière ? La promotion d’une ville ambitieuse en termes de développement durable dépassera-t-elle le stade d’incantation pour constituer une véritable politique locale ? Plus largement, les questionnements générés par le confinement auprès des acteurs de la ville, sur lesquels nous revenions dans une série d’articles précédents, intègreront-ils l’action des nouveaux exécutifs ?

Autant de questions que nous ne manquerons pas de suivre dans les années à venir à travers de nombreux éclairages, et qui joueront sans aucun doute, un rôle crucial dans la relance des mois prochains.

A très vite pour suivre ensemble l’action publique dans l’aménagement de nos territoires !

***

Focus Métropole du Grand Paris

Comme à l’échelle nationale, la métropole parisienne n’a pas échappé au bousculement des équilibres traditionnels dans de nombreuses communes historiquement affiliées à une couleur politique. Malgré la conquête de Bobigny et de Villejuif, le parti communiste essuie des défaites notables, avec la perte de bastions comme Saint-Denis, Aubervilliers, Champigny-sur-Marne ou Choisy-le-Roi. Le parti des Républicains connaît également plusieurs pertes significatives, notamment dans les Hauts-de-Seine, avec des communes comme Châtillon ou Colombes, ou encore en 2eme couronne en Ile-de-France à Corbeil-Essonnes ou Savigny-sur-Orge. Au-delà de l’action publique locale, qu’en sera-t-il de l’action métropolitaine ?

© CITY Linked
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