« Avez-vous bien lu ? », voilà la question que nous vous posons à la fin de notre QTM écrit en partenariat avec Catherine Sabbah. Et si oui, vous devriez pouvoir répondre, sans faute, au QCM du QTM.

Le logement, ça ne devrait pas être si compliqué. C’est un bien essentiel à toutes et tous, une cellule où vivre, avec des pièces, des murs, et pourtant, en lisant Question à Toits Multiples, vous comprendrez sans doute (ou vous l’avez déjà compris) que rien n’est simple dans la politique du logement. Dans notre QCM, ce n’est pas parce que A est faux que B est vrai et C et D peuvent se vérifier en même temps.

Et, vous, arriverez-vous à répondre aux quelques questions ci-dessous ? Ne vous inquiétez pas, on vous donne des éléments de réponse avec des extraits de l’ouvrage. Pour aller plus loin, vous pouvez vous le procurer en librairie (grâce au Click and Collect, ouvrage disponible chez Volume, La Librairie Les Parages…) ou sur notre site de vente en ligne ici.

QUEL TOIT POUR TOUS ?

 Combien de logements sont nécessaires pour résoudre la crise du logement en France ?

❑ A. Il faudrait d’abord poser le bon diagnostic des besoins en logement

❑ B. 1 million bien sûr !

❑ C. Ah bon, il y a une crise ?

❑ D. Je ne sais pas et l’Insee non plus

« Il manquerait un million de logements en France, au regard des besoins estimés. Le chiffre circule depuis des années. Il sert à la fois d’épouvantail et d’argument politique ; pour sonner l’alarme sur une insuffisance et donner un but concret aux plans de relance ou de soutien à la production. Or, pour rattraper ce fameux million de logements manquants et compte tenu des évolutions sociétales (démographie, décohabitation et divorces), l’objectif ne pourrait être atteint qu’en fabriquant 500 000 nouveaux logements chaque année. Ce chiffre a rarement été atteint dans l’histoire de l’habitat en France et il n’est pas certain que l’appareil industriel puisse supporter cette injonction. Il demeure, année après année, un Graal lointain mais motivant. D’où vient ce million si rond et si pratique ? D’abord, d’une confusion entre le flux et le stock et, ensuite, d’anticipations erronées de l’Insee, au début des années 2000, sur les évolutions démographiques et surtout l’augmentation du nombre de divorces. Comment en déduit-on le volume nécessaire au rattrapage ? Il suffirait de faire des additions… »

Extrait de l’ouvrage page 28

CITY Linked © Marine BURTIN

Qui mène la barque dans la politique du logement ?

❑ A. Le ministère du Logement, c’est évident

❑ B. C’est Bercy qui tient les commandes

❑ C. Le ministre qui veut bien s’emparer du sujet…

« En France, les acteurs ont la chance d’évoluer dans un cadre qui concentre finalement plus de soutiens que de contraintes, notamment sous la forme de systèmes d’aides et de financements bien rodés. Ils sont imaginés par un ministère souvent considéré comme « technique » tant l’organisation du secteur comme son fonctionnement semblent complexes. Jamais le ou la ministre du Logement ne sont ni ne deviennent de « grands » personnages publics. Et ceux, comme Louis Besson ou Jean-Louis Borloo à la ville, qui connaissent quelques mois de gloire, ne restent que dans les mémoires des spécialistes. Leur rang dans le gouvernement n’est jamais très haut. Sur 32 ministres chargés du Logement de la Cinquième République, moins de la moitié le furent de plein exercice. Ils et elles furent plus souvent ministres délégués ou secrétaires d’État dans de grands ministères qui comprennent aussi l’écologie, les transports, l’équipement ou la construction ou plus récemment l’égalité ou la cohésion des territoires… L’attelage n’est pas illogique, mais les rênes jamais laissées à celui ou à celle en charge du Logement. Il est d’ailleurs rare que ceux à qui est confié ce maroquin soient, à leur arrivée, de bons connaisseurs du logement… »

Extrait de l’ouvrage page 41 et infographie page 43

© CITY Linked

QUEL TOIT POUR CHACUN ?

Qu’est-ce que le ZAN ?

❑ A. Un bonbon au réglisse, non ?

❑ B. L’acronyme de Zéro Artificialisation Nette des sols, nouvel objectif pour mettre fin au grignotage des terres agricoles et espaces naturels

❑ C. Le nouveau Graal de la politique du logement

« La seconde décennie du XXIe siècle a commencé avec une pandémie mondiale, une crise sanitaire qui a renvoyé chacun à ses pénates. Elle s’inscrit dans une autre crise, un contexte d’urgence climatique que personne ne peut plus ignorer. Dans certaines villes désormais gérées par des équipes écologistes, la construction et le développement urbain y compris de logements sont sérieusement remis en question. La rénovation est le nouveau maître-mot, plus qu’encouragée par la ministre déléguée au Logement, Emmanuelle Wargon, nommée dans le gouvernement Castex en juillet 2020, et le plan de relance dévoilé en septembre. À Bordeaux, le nouveau maire Pierre Hurmic a annoncé le gel de tous les programmes immobiliers, y compris de logements, avant leur réexamen à la lumière de leur impact climatique et écologique. À l’échelle nationale, on parle de Zéro Artificialisation Nette des sols (ZAN), en tout cas de freiner une consommation de terrains cultivables jugée trop rapide, pour préserver les ressources, la biodiversité, permettre la résilience des zones construites et la protection des autres. Cela signifie que toute consommation de terrain naturel devrait être compensée par la reconstitution d’un espace de pleine terre ou de biodiversité. La ministre du Logement souhaite ainsi encourager les maires bâtisseurs, qui autoriseront par exemple la constructibilité maximum permise par leurs Plans Locaux d’Urbanisme (PLU) et favoriseront les surélévations plutôt que l’urbanisation de nouveaux terrains pour développer leurs villes… »

Extrait de l’ouvrage page 58 et infographie page 55

© CITY Linked


Pourquoi est-ce que construire en bois, c’est coton ?

❑ A. Parce que le béton, c’est la vie

❑ B. Parce que la filière bois n’est toujours pas structurée pour généraliser les constructions bois

❑ C. Parce que le bois résiste mieux au feu que l’acier

« Consommer moins, polluer moins, recycler plus, réemployer, imaginer des logements transformables, démontables, modulables… Les normes, la pression de la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) et les limites de solvabilité des acquéreurs obligent les opérateurs à réfléchir à faire mieux – différemment en tout cas – avec moins. En une dizaine d’années, la construction en bois, banale en Scandinavie ou aux États-Unis, s’est développée, d’abord pour répondre à la contrainte environnementale. Le marketing est au point : le bois est un matériau renouvelable, dont la mise en œuvre consomme moins d’énergie que ses concurrents l’acier ou le béton. Il peut être utilisé sous forme massive, reconstitué en lamellé-collé pour des charpente ou en CLT (Cross Laminated Timber) pour des murs. (…)

La filière s’est d’abord frayé une voie grâce au développement de maisons mitoyennes dans des lotissements, car la maison en bois ne présente a priori aucun défi technique. Le plus dur est de la vendre à des acheteurs suspicieux sur sa solidité. Mais le matériau ne devient intéressant que s’il répond aux exigences de construction dense, donc de hauteur. Les immeubles collectifs de deux ou trois étages et de plus en plus hauts ont été encouragés par des collectivités ou des aménageurs, comme Épamarne-Épafrance ou Euratlantique à Bordeaux ou Paris, très militante sur le sujet… »

Extrait de l’ouvrage page 81 et infographie page 82

© CITY Linked


QUEL TOIT POUR DEMAIN ?

Comment adapter le logement aux changements sociétaux et climatiques ?

❑ A. En réinterrogeant nos outils législatifs, de conception, de construction…

❑ B. En mettant en avant des objectifs de frugalité et résilience

❑ C. En ancrant territorialement les constructions

❑ D. En croisant les doigts

« En 2020, la crise de la Covid-19 a même montré de quelle manière il peut redevenir, et très vite, le refuge de toute la famille ou de toute la tribu, le lieu central où il devient possible de tout faire : éducation, travail, santé, sports et loisirs se sont – tant bien que mal – fait une place à la maison. Alors que le 20e siècle était celui de l’émancipation, du développement urbain via la profusion d’équipements et d’espaces publics à la disposition de tous, le 21e, grâce à la technologie et peut-être à cause des pandémies ou de la crise climatique, pourrait être celui d’un repli vers le nid protecteur. Plus efficace que de nombreuses études sociologiques, et plus brutal aussi, le confinement a agi comme un précipité et rendu réelles ou évidentes ce qui n’étaient encore que des tendances ou des lubies. »

Extrait de l’ouvrage page 180 et infographie page 178

© CITY Linked

D’autres questions, mais surtout d’autres réponses, illustrées par des projets en cours, en chantier ou livrés sont proposées dans l’ouvrage !

A vos lectures !

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