Directeur Général – Emerige Tertiaire et International

– Quelles sont les préoccupations d’Emerige sur la question de l’évolution des bureaux ? Comment appréhendez-vous ces évolutions ?

« L’ambition d’Emerige est de créer des lieux de travail inspirants et accueillants pour favoriser la créativité, l’innovation et le travail en équipe. Tout cela pour renforcer l’efficacité des entreprises. Actuellement, la transformation des modes de travail, la multiplication des outils digitaux et la plus grande mobilité des salariés influent sur les espaces de vie au travail, qui doivent désormais faciliter le travail connecté, collaboratif et nomade. C’est un enjeu pour la performance des entreprises, mais aussi pour leur image et leur attractivité vis-à-vis des nouvelles générations. Nous cherchons donc en permanence à anticiper au mieux ces évolutions, afin de proposer une offre tertiaire en adéquation avec ces nouvelles attentes. »

– Nous avons identifié plusieurs thématiques concernant ces évolutions, sur lesquelles nous souhaiterions vous interroger :

FLEXIBILITÉ

– L’usager et l’activité de l’entreprise doivent être au cœur de la conception. En effet, les professions n’ont pas toutes les mêmes besoins. Aujourd’hui, comment les prendre en compte ? Dans quelle mesure cela est-il possible ?

« En effet, beaucoup d’entreprises ont développé du flex office par exemple, pour optimiser notamment les coûts des charges immobilières. Mais ce n’est pas adapté à toutes les activités et il est important de prendre en compte les besoins des usagers le plus en amont possible. C’est l’intérêt d’avoir identifié les preneurs, pour proposer l’offre la plus adaptée. Quand ce n’est pas possible, il s’agit alors de prévoir des aménagements intérieurs pouvant s’adapter rapidement à tous les usages possibles. »

– Les salariés se disent de plus en plus mobiles, pensez-vous que les dirigeants soient vraiment prêts à plus de nomadisme ? Quelles conséquences pour les espaces de travail ?

« La crise sanitaire inédite que nous traversons montre bien l’utilité du télétravail pour maintenir  l’activité. Toutefois, en temps « normal », il est important de proposer  un lieu de vie partagé et de créativité, de conserver « l’esprit tribu » des équipes et des sociétés. La conséquence pour les espaces de travail, de cette plus grande mobilité des salariés, réside surtout à mon sens dans la nécessité de prévoir plus d’espaces de partage et de rencontre qui pourront prendre de multiples formes. »

DURABLE ET REVERSIBILITÉ

– La réversibilité est une réponse aux changements notamment climatiques et économiques, elle permet de s’adapter à moindre coût à toutes les entreprises et même de transformer un immeuble de bureaux en hôtel ou en immeuble de logements. Mais jusqu’à quel point un bâtiment peut-il être réversible ? Est-ce intéressant pour une entreprise comme Emerige, qui fait du bureau et du logement ?

« Chez Emerige, nous souhaitons participer à la création d’une ville plus innovante, plus durable, plus généreuse. Aussi, forcément la question de la durabilité est au cœur de nos réalisations, mais également la question de la mixité.

Notre opération « Morland Mixité Capitale » porte justement sur la restructuration de l’ancienne Préfecture de Paris. Nous nous sommes attachés à y créer un lieu de vie offrant plus de 11 programmes, permettant aux usagers, aux parisiens et aux voyageurs de profiter d’un nouvel espace de vie largement ouvert sur son environnement, et dont chaque programme a été pensé pour proposer un usage optimal et généreux. »

 SERVICIEL

– Des entreprises étrangères ouvrent leurs portes aux extérieurs (familles, …) et possèdent en leurs locaux des commerces ouverts au public. Pensez-vous que cela serait possible en France ?

« C’est une tendance qui encore peu connue en France, mais nous y travaillons.

Nos réflexions portent notamment sur les services qui vont être pouvoir proposés aux salariés en dehors de l’espace de bureau stricto sensu : salle de fitness, conciergerie, crèche, etc. Il s’agit de proposer une réponse adaptée, grâce notamment au gain de surface apporté par la flexibilité et la mixité. Ces services participent à l’attractivité certaine des immeubles de bureaux. »

– Pour plusieurs raisons nous pensons que le bureau classique ne disparaîtra pas complètement. Nous aurons toujours besoin de nous retrouver pour éviter le sentiment d’isolement. Le confinement actuel qui nous a tous conduits à télétravailler montre que des solutions existent pour des métiers comme les nôtres qui nous ont permis de nous adapter rapidement. Mais nous ressentons le besoin de créer du lien. Tirez-vous des premiers enseignements de cette situation de votre côté ?

 « C’est effectivement ce que j’évoquais quand on parlait de la flexibilité. Cette crise aura probablement montré que le télétravail, s’il ne peut être un dispositif généralisé en temps normal, peut-être une réponse à des situations exceptionnelles. Il n’en demeure pas moins qu’il pose des interrogations concernant l’isolement des salariés, la frontière entre vie professionnelle et vie personnelle et bien entendu les rapports humains dans un collectif.  Pour autant, il est bien trop tôt pour tirer tous les enseignements de la crise actuelle. Elle va certainement réinterroger quelques-unes de nos certitudes en positionnant notamment l’humain et la frugalité au centre des réflexions. »

***

Par La Rédaction

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