FRICHTI WOJO 75014 © duchili

Dans le cadre de notre ouvrage « Le guide des nouvelles programmation », nous avons interviewé les porteurs, concepteurs, exploitants, usagers de ces projets innovants pour collecter leurs retours d’expériences. Ashok Balabhaskarane, Directeur du développement chez Wojo, nous a présenté leur concept de coworking.

Comment s’est développé Wojo ?

Wojo a été lancé en 2015, sous la marque Nextdoor. Bouygues Immobilier est rejoint en 2017 par Accor, et s’associent à 50/50 au capital du leader français du coworking. Début 2019, Nextdoor devient Wojo et accélère son développement, avec l’ambition de devenir un des leaders des espaces de travail flexibles en Europe.

Opérateur historique sur le marché français du coworking, Wojo tisse sa toile en France comme à l’étranger avec près de 100 000 m² d’espaces de travail flexibles ouverts depuis 2015. L’opérateur entend accentuer son maillage en France, et plus largement en Europe dans les années à venir, misant sur l’ouverture soutenue de nouveaux sites “flagships”. Son réseau compte déjà 18 adresses à Paris, Lille, Lyon, Bordeaux et bientôt Brest, auxquels viennent s’ajouter plus de 250 espaces de coworking dans des tiers-lieux partout dans l’hexagone.

Notre concept est d’offrir des espaces pour les entreprises pour des court-moyen-long séjours. Ces espaces sont accompagnés de services, l’objectif étant de créer une communauté. Ce concept peut s’intégrer aux immeubles déjà existants ou en construction.

Quel sont vos modèles de coworking ?

Nous avons deux modèles :

Le premier, le « flagship », ensemble immobilier est implanté au centre de grandes villes (Paris, Lille, Lyon, Bordeaux), à proximité des bassins d’emplois, des nœuds de transport. La notion de centralité est très importante dans ce modèle. Nous cherchons à ouvrir des espaces dans des quartiers attractifs et agréables à vivre. Dans notre business model, nous ciblons des immeubles entiers d’au moins 3 000 m² pour pouvoir absorber les coûts fixes incompressibles liés à la gestion des lieux. Aujourd’hui Wojo a 18 flagships (16 Wojo et 2 Mama Works), ce qui représente près de 100 000 m².

FRICHTI WOJO 75014 © duchili

Notre deuxième modèle correspond aux espaces de coworking que nous ouvrons dans les hôtels du groupe Accor et chez d’autres partenaires. Ce sont des espaces de 100 à 200 m², parfois jusqu’à 400 m², comme au sein du Mercure Montparnasse. L’objectif est de créer un maillage territorial en mettant à disposition des espaces flexibles. Nous privilégions le développement de ces espaces à proximité des gares, notamment en région pour répondre aux besoins des professionnels qui se déplacent depuis ou vers la capitale. Nos investissements en région ont évolué de 15% à 25% et aujourd’hui Wojo est implanté sur 250 espaces en France.
Dans les hôtels, nous avons également la possibilité de transformer les chambres en bureaux. Nous le faisons uniquement sur demande, pour répondre à un besoin spécifique d’une entreprise.

Vous venez aussi de récupérer l’exploitation des coworkings Mama Works. Quelle est la différence entre un espace de travail Wojo et Mama Works ? Et comment souhaitez-vous développer la marque ?

Ces deux concepts visent une typologie de clients ayant le même besoin de flexibilité, mais dans des ambiances et localisations différentes. Ainsi les lieux n’ont pas les mêmes codes et les mêmes designs. Il s’agit d’une expérience différente.

L’objectif est de développer Mama Works en conservant son identité, tout en optimisant l’espace et en apportant plus de flexibilité avec par exemple un mobilier un peu différent. Pour nous, il s’agit aussi de s’appuyer sur sa connaissance en matière d’événementiel.

Quel lien entre le coworking et l’hôtellerie ?

Notre concept est une forme « d’hôtel de jour ». Nous sommes avant tout des opérateurs/exploitants d’espaces flexibles pour moyens et longs séjours, et non des gestionnaires immobiliers. Dans le cadre des flagships, nous gérons des immeubles entiers (bail ou contrat de management) et mettons des espaces de travail à disposition des entreprises sous la forme de contrats de services. Nous cherchons aujourd’hui à privilégier le contrat de management au bail classique (3/6/9), c’est-à-dire, nous nous plaçons comme prestataire pour gérer l’immobilier pour son propriétaire en termes de revenus et de services.

Retrouvez plus d’exemples de « programmation nouvelles », dans notre ouvrage « Le guide des nouvelles programmations », réalisé avec P2i.

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