57 sites, 420 candidatures, 164 finalistes. Le succès de la première phase d’Inventons la Métropole – l’appel à projets co-organisé par la Métropole du Grand Paris, la préfecture d’Île-de-France et la Société du Grand Paris – est à la mesure de ses ambitions (les organisateurs prévoient 6,4 milliards d’euros d’investissements et la génération d’un point de PIB).

À l’occasion de l’entrée en phase 2, CITY Linked, membre de deux groupements finalistes sur les sites de Marne Europe(Panora’Marne) et Antonypôle (Start!), revient sur ces consultations, qui s’érigent progressivement comme un nouveau mode d’élaboration des projets.

Un changement d’échelle des projets

En 2015 et 2016, Réinventer Paris regroupait « seulement » 23 sites qui totalisaient 150 000 mètres carrés constructibles. Inventons la Métropole rassemble 57 sites pour 217 hectares, signant ainsi le passage de projets immobiliers d’envergure (6 500 m² en moyenne pour Réinventer Parisà la construction de véritables morceaux de villes (3,81 hectares en moyenne par site pour Inventons la Métropole), à rayonnement métropolitain.

Cette nouvelle dimension, adossée aux fortes attentes en termes d’innovation, en particulier sur le volet technologique, exige de mener une réflexion approfondie sur le développement de smart cities en Île-de-France. Les groupements candidats doivent alors s’entourer de nouveaux partenaires capables d’apporter des solutions innovantes aux enjeux de la Métropole de demain.

Vers des groupements toujours plus intégrés

Avec des attendus portant à la fois sur le projet urbain et architectural, le montage juridique et financier et l’innovation environnementale, sociale et technique, les appels à projets induisent naturellement la formation de groupements rassemblant une pluralité d’acteurs, dont certains ne se côtoient pas habituellement. Ces consultations invitent de surcroit à faire dialoguer les expertises de la manière la plus étroite possible au travers d’une approche transversale et décompartimentéepermettant à des acteurs qui arrivent traditionnellement en bout de chaîne de participer très en amont à la conception du projet.

Après Réinventer Paris, qui avait introduit la participation d’utilisateurs occupants au sein des groupements (conciergeries de quartier, bureaux partagés, agriculture urbaine, etc.), ce sont désormais les gestionnaires et exploitants de services urbains (opérateurs de mobilité, exploitants smart grid, etc.) qui participent à la conception de ces projets. À titre d’exemple, un meet-up dédié aux mobilités a notamment été organisé pour faciliter la rencontre des groupements finalistes et des acteurs innovants de ce secteur.

Le grand saut métropolitain, une évolution prématurée ?

Ce saut d’échelle intervient seulement six mois après l’annonce des lauréats de Réinventer Paris, alors que les opérations les plus avancées de cette consultation entrent tout juste en phase opérationnelle. Aussi, à ce jour, aucun enseignement n’a encore pu être tiré concernant la mise en œuvre effective des innovations annoncées. Ce retour d’expérience aurait pourtant été essentiel, puisque Inventons la Métropole entend généraliser et élargir ce mode de faire.

Si le caractère encore expérimental de ces appels à projets induit ainsi à la vigilance, CITY Linked est toutefois convaincue que ces derniers vont dans le sens d’une conception plus intégrée et donc plus pertinente des projets urbains.

sur le même sujet

Quelles perspectives pour l’urbanisme transitoire ?

#amenagement  

Début février, Yes We Camp, collectif pluridisciplinaire spécialisé dans l’animation et l’occupation éphémère, annonçait l’ouverture en juin prochain d’un diplôme universitaire intitulé « Mise en œuvre d’espaces communs », en partenariat avec la coopérative Ancoats, CoDesign-It et l’Université Paris Est-Marne La Vallée. Chaque promotion sera composée de deux tiers de gestionnaires de lieux et porteur.se.s de projet d’ouverture…

Lire la suite