Alexandra Brémaud © Groupe Chessé

Foncière de commerce, le Groupe Chessé est spécialiste de l’immobilier commercial depuis 30 ans. A la fois concepteur, investisseur et gestionnaire, il accompagne les collectivités dans la structuration et l’aménagement du territoire, et porte la voix des commerçants. Sa particularité ? Être un acteur local, travaillant sur la proximité dans les villes. Nous avons échangé avec Alexandra Brémaud, Directrice Générale du Groupe Chessé, sur sa vision partenariale pour faire du commerce et animer les villes !

  • Avant de rentrer dans le vif du sujet « commerce », pourriez-vous nous décrire votre positionnement stratégique ?

Notre métier consiste d’abord à créer des lieux qui apportent de la qualité de vie dans le quotidien de chacun car le commerce, tel que nous l’imaginons, combine avant tout « temps utile » et « temps social ». Être attentifs aux besoins des habitants et des territoires fait naturellement partie de notre ADN. Le Groupe Chessé crée, en effet, des espaces commerciaux sur deux typologies de territoires, dont les attentes et usages diffèrent.

D’abord, en cœur de ville, où se situent nos 5 dernières réalisations, les habitants et usagers sont en recherche de proximité et souhaitent accéder aux services, commerces, loisirs, équipements publics à pied ou à vélo en moins de 15 minutes. On est dans l’idée de la ville du Quart d’heure de Carlos Moreno, urbaniste reconnu pour sa vision de « ville intelligente ». En revanche, en zone périurbaine ou dans une petite ville, la voiture reste souvent le moyen de locomotion privilégié. Ici, tout se joue dans le périmètre de la demi-heure.

Nous nous positionnons comme des investisseurs de territoire et non des investisseurs financiers. Notre posture de foncière nous confère une vision à long terme, aussi veillons-nous à la pérennité de nos espaces commerciaux : anticipation des mutations futures, partenariats avec les collectivités, accompagnement des commerçants, qualité technique des bâtiments… Nos réalisations doivent fonctionner aussi bien tout de suite que demain car nous sommes engagés dans la durée.

  • Comment se concrétise alors votre approche d’être un « investisseur territorial » ?

A titre d’exemple, la SAMOA, l’aménageur de l’Île de Nantes, nous a désignés comme opérateur commercial unique du quartier de la Prairie-au-Duc, et ceci en amont de la consultation des promoteurs de logements et bureaux. C’est ainsi que le commerce a été intégré dans les réflexions dès le début du projet, ce qui représente un gage de réussite et de qualité.

Portant notre regard « d’expert du commerce », nous avons défini, avec l’aménageur, un cahier des charges destiné aux promoteurs portant sur des volets fonctionnels, juridiques et financiers. Cela amène une véritable transparence dans le processus qui permet d’assainir les relations entre tous les acteurs et de désamorcer d’éventuels sujets le plus en amont possible : l’impact du commerce sur le bilan de promotion en est réduit, à la fois en termes de coûts de travaux et de prix de vente à la sortie.

Notre accompagnement ne s’est pas arrêté là : nous avons eu un rôle de conseil et de médiation pour aménager les espaces publics, favoriser la proximité des arrêts de transports en commun, intégrer les stationnements… et cela ne peut se faire que lorsque le plan n’est pas encore tout à fait figé !

Enfin, nous avons créé une identité de quartier, en associant tous les commerçants, et nous racontons le quartier à travers les réseaux sociaux. Qu’on soit habitant, actif ou commerçant, on est ainsi fier de faire partie d’un quartier singulier et animé !

  • C’est une démarche partenariale qui a l’air de fonctionner ! Quels sont les messages que vous souhaiteriez faire passer à la suite de ce retour d’expérience ?

Aujourd’hui, la mixité d’usages est un véritable enjeu, notamment dans les quartiers en devenir. Aussi faut-il se poser les bonnes questions au début de la création d’un quartier : comment s’inscrit-il dans la vision globale de la stratégie du territoire ? Quelle est son ambition ? Quelle sera la typologie de ses habitants et usagers ? Comment animer ce nouveau morceau de ville ?

Le commerce requérant une ingénierie particulière à intégrer en amont des projets, nous voyons émerger de nouvelles formes de partenariats telles des foncières publiques-privées qui permettent d’allier les différentes compétences des acteurs sur le long terme. Le Groupe Chessé a très tôt expérimenté ce type de partenariat, comme encore récemment avec l’aménageur Territoires Publics dans le quartier Baud-Chardonnet situé au cœur du nouveau poumon économique de Rennes.

En somme, anticipation, projection et collaboration sont les gages d’une opération réussie !

***

Retrouvez les cas d’études précités et bien plus encore dans notre ouvrage « Des Idées en vitrine » sur le commerce, réalisé en partenariat avec Catherine Sabbah, Déléguée générale de l’IDHEAL et Pascal Madry, Directeur de l’Institut pour la Ville et le Commerce (IVC).

Avec le soutien d’ARP Astrance, Bellevilles, De Watou, Groupe Chessé, Groupe Frey, Grand Paris Aménagement, P2i, SAMOA, SODES, SOGARIS, à paraître à l’automne 2021.

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